Pressions et usage de l’eau

La Directive Cadre Eau vise d’une part la protection et l’amélioration de l’environnement aquatique, et d’autre part une contribution à une utilisation durable, équilibrée et équitable des eaux. Suite à cette imposition, le Service Public de Wallonie effectue le relevé de la qualité des masses d’eau de surface et des masses d’eau souterraines. L’objectif est d’améliorer la qualité ou de la préserver, pour atteindre le « bon état ».

Qu’est-ce que le « bon état »?

Chaque sous-bassin hydrographique est divisé en masses d’eau, les échelles de mesure de l’état selon la Directive Cadre Eau (voir Notre Territoire). L’état des masses d’eau de surface (rivière) est évalué par l’état chimique (respect de normes) et l’état écologique. Celui-ci est lui-même évalué par les aspects biologique, hydromorphologique et physico-chimique. Le paramètre le plus dégradant donne l’état général. Pour les eaux souterraines, l’état est établi sur base des aspects chimiques et quantitatifs.

Etats des masses d’eau

De manière générale, le bon état écologique n’est pas atteint pour les cours d’eau du sous-bassin de la Dendre, comme en témoigne les données du SPW ci-dessous. L’état chimique n’est pas bon non plus, sauf pour la masse d’eau de la Blanche et de la Marcq I. Les 2 masses d’eau souterraines sont, elles, en bon état.

Données Service Public de Wallonie

Diagnostic de terrain

Grâce à son inventaire de terrain et à sa connaissance du territoire et de ses enjeux, le Contrat Rivière Dendre a établi une liste des pressions et usages de l’eau sur le sous-bassin :

Densité de population

Les principales agglomérations du sous-bassin de la Dendre sont Ath, Enghien, Lessines et Leuze-en-Hainaut. La densité de population moyenne par commune est de 175 habitants/km², soit un peu moins de 10 % de la population totale du District Hydrographique de l’Escaut dont la densité moyenne est de 324 hab/km² (Service Public de Wallonie).

Les pressions exercées par la population s’opèrent au travers :

  • Des rejets directs ou indirects d’effluents non traités dans les eaux de surface,
  • Des rejets des stations d’épuration individuelle,
  • Des rejets des stations d’épuration collective, celles-ci recevant par ailleurs, des effluents issus de l’industrie, des services et du tourisme.
Occupation du sol

Le bassin se caractérise par la prédominance de terres dédiées à l’agriculture, soit près de 80% du territoire (56% de cultures et approximativement 25% de prairies). Les pressions liées à l’agriculture sont prépondérantes.

Agriculture

L’inventaire de terrain a permis de mettre en évidence que certains points noirs sont liés aux activités agricoles. Des endroits de piétinement de berges ont été relevés, ce qui engendre une déstructuration de la berge et un enrichissement en nutriments du cours d’eau. A cela s’ajoute la déstructuration des berges causées par le passage des engins ou le labour en crête de berges. Enfin, certains points d’attention concernent le non respect des zones tampons.

Epuration

Afin de respecter l’environnement et de répondre à des normes de qualité, la législation actuelle impose d’épurer les eaux usées de tous les ménages wallons. Le PASH (Plan d’Assainissement par Sous-bassin Hydrographique) constitue l’outil réglementaire de planification et de mise en oeuvre de l’assainissement des eaux. Il délimite le régime d’assainissement (collectif ou autonome), les stations d’épuration à construire, les tracés des réseaux de collecteurs et d’égouts,...

Assainissement collectif

Actuellement, la priorité est accordée à l’assainissement des eaux usées des agglomérations de plus de 2.000 Equivalent Habitant. Fin 2019, une trentaine de station d’épuration était construite sur le sous-bassin de la Dendre. Les travaux de construction et de pose des collecteurs sont en cours ou à prévoir pour le reste des stations prévue au PASH.

Assainissement autonome

Une large réforme de l’assainissement autonome est mise en oeuvre depuis le 1er janvier 2018, avec la Gestion Publique de l’Assainissement Autonome. Le premier objectif est de veiller au bon fonctionnement des systèmes d’épuration individuelle en accompagnant les particuliers dans l’épuration de ses eaux usées.
Dans les trois prochaines années, le Contrat de Rivière Dendre accompagnera plusieurs de ses communes du sous-bassin dans la végétalisation des fossés et/ou cours d’eau qui recueillent des rejets d’eaux usées. Cette technique permettra de renforcer la fonction auto-épuratrice des fossés (en savoir plus).

Industries

Le pourcentage d’Unités de Charges de Pollution traité en station d'épuration est de 46,5 %, ce qui signifie que plus de la moitié des charges d’origine industrielle (en UCP) rejetées le sont directe-ment dans les eaux de surface du bassin (SPW 2015).

Tourisme

Le sous-bassin compte 79 établissements touristiques répartis en 7 catégories (campings, hôtels, attractions,...). Le total des charges polluantes (dont 37,23% sont épurées) émises par ces activités touristiques représente approximativement 14% des Equivalents Habitants cumulés du District Hydrographique International de l’Escaut (SWP, 2008).

Pressions hydromorphologiques

Depuis le début du 18e siècle, l’artificialisation, l’industrialisation et l’urbanisation des territoires wallons se sont souvent faits au détriment du patrimoine environnemental. Dans ce contexte, les milieux aquatiques ont payé un lourd tribut, notamment au niveau des modifications morphologiques.
La dégradation de l’hydromorphologie se matérialise sur le sous-bassin par des berges souvent très abruptes, un enfoncement du lit du cours d’eau, une ripisylve (végétation des berges) absente ou dégradée, une diminution importante des méandres, des obstacles à la libre circulation du poisson,...

 

 

Pourtant, la qualité hydromorpholgique d’un cours d’eau est un des piliers de sa qualité biologique et globale. En effet, des berges douces permettent un meilleur ancrage de la végétation. Cette même végétation fourni une série d’habitats pour la faune. Le chevelu racinaire crée, lui, des zones de fraie, de repos ou de garde-manger. La variation de substrats (cailloux, vase,…) et la variation des vitesses du courant créent des habitats diversifiés, ce qui permet une biodiversité plus riche du milieu et donc un cours d’eau plus résistant aux perturbations (eaux usées, changements climatiques, espèces invasives,…).

Cependant, des efforts sont actuellement réalisés pour restaurer la qualité hydromorphologique des cours d’eau. De plus en plus de méandres y sont reconnectés. Les berges sont végétalisées par endroit. Une gestion moins intrusive est en marche (par exemple, un curage superficiel). Des obstacles à la libre circulation des poissons sont levés par la construction de passe à poissons.

 

Inondations et coulées de boue

La problématique des inondations est malheureusement récurrente dans le sous-bassin de la Dendre. Celles-ci peuvent avoir différentes origines (débordement de cours d’eau, ruissellement, reflux du réseau d’égouttage…), elles-mêmes influencées par la combinaison de multiples facteurs (l’intensité et la durée de l’évènement pluvieux, la topographie, la disposition des terrains agricoles, les cultures en place, la suppression des zones humides naturelles, l’urbanisation croissante conduisant à l’imper-méabilisation des sols…).

Aménagements

Afin de limiter l’impact des crues, plusieurs aménagements ont été réalisés ces dernières années par les différents services publics : les Zones d’Immersion Temporaire (ZIT) sur les communes de Silly et d’Enghien et dernièrement la ZIT du Buissenal sur Ath. La commune de Lessines a connu de nombreux changements avec la création de digues le long de la Dendre canalisée, la ZIT du Ruisseau d’Ancre, la réouverture d’un bras-mort de la Marcq ou encore la création d’un nouveau barrage sur la Dendre canalisée à Papignies ainsi que la rénovation des écluses de Deux-Acren. De nombreux autres projets sont toujours en cours actuellement notamment sur le Lac à Deux-Acren.

Plusieurs études, étape indispensable en préalable à la réalisation d’aménagements, ont également vu le jour et sont en cours actuellement comme la création d’une ZIT à Chièvres.

 

Hydraulique douce

La cellule GISER du SPW, spécialisée dans la lutte contre les coulées boueuses, peut notamment assurer les services suivants pour les communes :

  • Diagnostic par bassin versant (visite sur site sur demande de la commune, conseil agronomique, propositions d'aménagements anti-érosifs),
  • Accompagnement de la mise en oeuvre (appui à la concertation locale, suivi de points critiques ciblés, formation des éco-conseillers),
  • Aide administrative (cahier des charges pour aménagements, informations pratiques, étude agro-hydrologique).

Prises d'eau

Prises d’eau industrielles

Sur le bassin de la Dendre, en 2001, les prélèvements annuels en eau de surface par les industries étaient de 1.210.196 m³. Quatre masses d’eau sont concernées par ces prélèvements. Il s’agit des masses d’eau dans lesquelles se concentre le secteur de l’industrie : De01R, De02R, De03R et De09R. Le secteur métallurgique est le principal consommateur d’eau suivi par le secteur agroalimentaire (SPW, 2005).

Prises d’eau agricoles

La consommation d'eau de distribution dans le secteur agricole était d’environ 900 000 m3 en 2005 (SPW). De plus, des captages d’eau directement dans les cours d’eau sont de plus en plus remarqués, et souvent en été. La sécheresse entraine en effet la recherche d’eau pour les cultures. Les cours d’eau souffrent aussi des périodes de sécheresse. Ces dernière années, il n’est pas rare d’observer des cours d’eau à sec pendant de longs mois ou avec un niveau d’eau très bas. Le captage est alors une pression supplémentaire non négligeable. La prise d’eau est réglementée, et fait l’objet de demande d’autorisation au gestionnaire du cours d’eau le cas échéant.

 

 

Prises d’eau souterraine

Du point de vue du risque quantitatif, les prélèvements répertoriés engendrent une surexploitation des aquifères sur la masse d’eau RWE013. D’autre part, l’analyse des chroniques piézométriques n’indique aucune tendance à la baisse significative du niveau des aquifères. Les prélèvements d’eau s’élèvent à 62 millions de m³/an pour la masse d’eau RWE013 et à 4,6 millions de m³/an pour la masse d’eau RWE160 (SPW, 2015).

La majeure partie des prélèvements d’eau souterraine sont utilisés pour la distribution publique. Au quotidien, il est primordial d'économiser l'eau.

Imperméabilisation des sols

Depuis de nombreuses années, de nombreuses surfaces ont été imperméabilisées : parking, allées de garage, trottoirs, construction de bâtiments,...Ces aménagements ont pour effet de diminuer les zones où l’eau de pluie peut s’infiltrer dans le sol. En parallèle, les évènements de fortes pluies se multiplient. Cette combinaison de facteurs entraine régulièrement des problèmes d’inondations dus aux ruissellements. Des pistes de solutions sont actuellement mise en place, comme les revêtements drainants.

Diminution des zones humides

En plus des rivières, une riche variété d’habitats humides existent : mares, forêt alluviale, noue,… Les zones humides ont tendance à se combler naturellement, laissant place petit à petit à une végétation de type forêt. D’autres zones se créent au hasard des perturbations des milieux.

Cependant, la pression humaine sur le territoire n’a eu de cesse de remblayer les zones humides, de les assécher,...pour l’habitation ou pour la culture. Et nous ne permettons plus à des zones humides de se créer naturelle-ment. Or, ces zones sont essentielles au cycle de vie d’un grand nombre d’espèces animales et végétales : milieu de vie, de chasse, de reproduction, de boisson, de fraicheur,…

 

La période 2020-2022 permettra d’approfondir le recensement des zones humides naturelles par la cellule de coordination, à la demande de certaines communes. Cet inventaire permettra de renforcer l’attention portée à ces zones en les préservant ou en les restaurant.

Espèces exotiques envahissantes

Le sous-bassin de la Dendre n’est pas épargné par les espèces exotiques envahissantes. Ces espèces (animales ou végétales) ont été introduites hors de leur aire de répartition par l’homme. Elles possèdent une grande capacité de dispersion. Elles provoquent une perte de biodiversité, mais aussi d’autres problèmes socio-économiques.

Pour en savoir plus sur la lutte contre les plantes invasives sur le sous-bassin

Déchets

L’inventaire de terrain a permis depuis de nombreuses années de mettre en évidence de nombreux points noirs concernant les déchets le long des cours d’eau. Différents types de déchets sont présents : déchet verts, inertes, toxiques,...

De nombreux endroits de dépôts récurrents de tontes de pelouses et autres déchets de coupe sont répertoriés. Les tas présents sur les berges entrainent l’étouffement de la végétation et la déstructuration de la berge qui est privée de sa ripisylve. De plus, les déchets organiques provoquent un apport excessif de nutriments dans le cours d’eau. En conséquence, la concentration en oxygène dans l’eau diminue. La qualité de la rivière est alors forte-ment réduite, diminuant par la même occasion la biodiversité qu’elle accueille.

Plus d'information sur les effets des déchets sur les cours d'eau et comment les gérer dans notre brochure