DIPROS au champ N°4 : Les bandes fleuries d’Eloïse

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Depuis 4 ans, plusieurs parcelles de l’exploitation d’Eloïse sont aménagées en Méthodes Agro-Environnementales et Climatiques (MAEC), et plus spécifiquement en parcelles aménagées.

Cette méthode se décline en plusieurs variantes en fonction de l’enjeu environnemental identifié dans l’exploitation (enjeu en matière de biodiversité ou d’aménagement pour la faune, de lutte contre l’érosion, de protection des eaux de surface ou souterraines). Le choix de la localisation, de la composition du couvert et du mode de gestion est également fonction de l’enjeu environnemental. Source : Natagriwal

L’un des types choisi par Eloïse est la parcelle aménagée à fleurs des prés. Elle est ensemencée d’un mélange de graminées, de légumineuses et d’autres plantes à fleurs. Son objectif est de renforcer le maillage écologique et de favoriser les insectes butineurs très utiles à la pollinisation des cultures. Elles visent également à structurer et à embellir le paysage agricole avec des fleurs des prés.

Un choix d’emplacement guidé par la pratique

A la ferme d’Eloïse les parcelles aménagées sont soit situées assez proches d’habitations, soit à des emplacements plus difficiles d’accès : éloignées de la ferme, entourées de bois ou du chemin de fer. Cela permet de ne plus devoir traiter à proximité des habitations et de mieux valoriser les terrains marginaux tout en limitant de longs trajets avec le tracteur.

« De plus, nous avions des ruches à cet endroit. J’aimerais réaliser une formation en apiculture afin de m’occuper moi-même de ces ruches » nous dit Eloïse. La mise en place de ruches à proximité de ces parcelles permettrait une nouvelle valorisation et diversification à la ferme.

Les avantages et inconvénients de cette mesure

Le premier avantage de cet aménagement est le résultat paysagé garanti, surtout au cœur de l’été à la floraison.  La parcelle a un pouvoir attractif d’une belle biodiversité aussi bien en abeilles solitaires qu’en papillons et autres insectes utiles.

Un autre avantage et pas des moindre est la prime de cette MAEC qui couvre complètement les charges de l’installation et de l’entretien. Le montant de cette prime s’élève à 1200 € par ha et par an.

Eloïse est très contente de la prime. « Le coût est moyen à élevé pour les semences mais très vite rentabilisé grâce à la prime (l’investissement des semences ne se fait qu’une fois tous les 5 ans). C’est une petite parcelle, il n’y a pas de traitement, c’est plus rentable qu’une culture classique à cet endroit ».

Les inconvénients de cette mesure résident essentiellement sur le salissement et le manque d’appétence des couverts pour le bétail. Il est tout à fait possible de voir apparaître des plantes toxiques pour le bétail si la parcelle est valorisée par une fauche. La berce du Caucase, qui peut facilement être confondue avec d’autres plantes d’intérêt, peut provoquer des brulures au stade adulte si elle est consommée par les vaches et les chevaux. Peu de rumex ont toutefois pu être observés dans la parcelle. Les produits phytosanitaires sont interdits, mais un traitement localisé contre les chardons et rumex est envisageable.

Pour Eloïse, à la fin de la MAEC qui dure 5 ans, si cet aménagement est suivi d’un maïs par exemple, il y a un risque accru de salissement. « Cela peut justifier l’utilisation d’un herbicide mais c’est totalement contradictoire avec la mesure ».

Un autre problème pour cette MAEC est que certaines personnes ont jeté leurs déchets verts sur cette parcelle, pensant que c’était une zone de friche abandonnée. A certaines périodes de l’année, surtout à la fin de la floraison, une parcelle aménagée peut paraître « sale » ou « non entretenue », alors que c’est juste une conséquence du cycle naturel de la végétation. C’est pourquoi il est important de sensibiliser les citoyens à ces mesures via des panneaux didactiques mais également afin de limiter les actes inciviques.

Exemple de panneau de sensibilisation proposé par Natagriwal

Quelles sont les améliorations possibles pour cette MAEC ?

« Les dates pour le fauchage sont fortement limitées dans le temps. S’il pleut au moment où il faut faucher, cela devient compliqué » nous dit Eloïse. Le fait d’avoir plus de marge pour l’entretien dans la pratique permettrait un meilleur suivi de la parcelle.

En conclusion, terminons ce numéro par un conseil d’Eloïse :

« Je conseille aux agriculteurs la mise en place de ce type d’aménagement afin de recréer des zones refuges riches pour la biodiversité». 

DIPROS au champ N°3 : François et son méteil

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Participant au projet DIPROS, François est agriculteur à Jollain-Merlin (Brunehaut) où il cultive pour son bétail du maïs, du sorgho et du méteil. Il produit également du froment, de la pomme de terre et de la betterave. Ses couverts fourragers se composent eux de méteils et de ray-grass sur une dizaine d’hectare pour une SAU totale de 35 ha.

Qu’est-ce qu’un méteil et pourquoi l’intégrer dans une rotation ?

Le terme méteil désigne communément les mélanges de céréales et de protéagineux. Ils se distinguent en 3 catégories selon leur date de semis :

  1. Les méteils d’hiver : semés en automne pour une récolte au printemps ;
  2. Les méteils de printemps : semés au printemps pour une récolte avant l’été ;
  3. Les méteils d’été : semés après la moisson et récoltés en automne.

La composition des méteils peut être variable en fonction des devenirs de celui-ci. Le plus souvent, on se base sur un mélange de 2 à 4 espèces complémentaires (pouvoir couvrant limitant les adventives, pouvoir tuteur des poacées, précocité et hauteur similaire,…) pouvant aller jusque 6 au maximum avec 10 à 15% de protéagineux et 85 à 90% de céréales.

Les méteils peuvent permettre de combler un déficit fourrager régulier en augmentant les récoltes de fourrages et en diversifiant l’assolement. Lorsqu’une récolte précoce est possible, rechercher une teneur intéressante en MAT (matières azotées totales) est possible. Le méteil peut remplacer le maïs dans la ration.

Ce mélange fait bénéficier les céréales de l’azote fixé par les protéagineux et ainsi réduire les apports en fertilisation. L’utilisation de traitements phytosanitaires est également limitée, ce qui en fait une culture économe en intrants.

Voici un tableau reprenant les caractéristiques des principales espèces qui composent un méteil :

CéréalesTriticaleAssez productif, bon tuteur, contribue à la maîtrise des adventices
BléProductif mais peu compétitif
EpeautreRustique et peu gourmande en azote, apporte de la fibre dans la rotation
AvoineBon tallage et résistance aux maladies, couvre vite le sol
SeigleRustique et peu gourmand en azote
OrgeAssez bonne valeur nutritive et apport de fibres, mais peu couvrant. Plus précoce que les autres céréales
ProtéagineuxVescePeut provoquer dans verse du méteil. Si récolte en grain, repousse possible pour l’année suivante
Pois fourragerBase de protéagineux. Riche en protéines, maturité proche des céréales. Plante pouvant faire verser la culture
Pois protéagineuxRiche en MAT, moins de risques de verse qu’avec le pois fourrager mais gélif.
FéveroleRiche en protéines et rôle de tuteur. Certaines variétés contiennent des facteurs antinutritionnels. Semis plus profond

Sources : Fiches Autonomie Fourragère n°2 : Les méteils, PNPE, juin 2020 ; Protecow, fiche n°6 : Les ensilages de méteil, mars 2018.

Qu’en est-il chez François ?

Cela fait 3-4 ans qu’il s’est lancé à réaliser du méteil. C’est une culture très intéressante du point de vue économique car elle nécessite moins d’intrants aussi bien en engrais qu’en produits phytopharmaceutiques, que sa valeur protéique est bien plus intéressante et qu’il produit lui-même ses semences. La fauche est également moins sèche qu’un simple ray-grass.

Pour l’année 2020, la sécheresse a fait pousser très vite le méteil de François. « Pour cette année-là, j’ai utilisé du seigle dans mon mélange alors que d’habitude j’utilise du triticale. Le seigle a été plus sec lors de la récolte comparé au triticale ». Il est de plus en plus difficile d’avoir un beau maïs avec les années sèches que nous avons. Aux yeux de François, lors de périodes sèches, un maïs en culture unique (sans méteil auparavant) semble plus beau qu’avec un précédent méteil. « Si nous n’avons pas un beau méteil, nous n’aurons pas un beau maïs » nous dis François.

François produit deux types de méteils :

  • Le méteil grain : qui lui permet de produire sa propre semence. Il est composé de vesce, pois (le pois fourrager étant plus envahissant) et épeautre ;
  • Le méteil de fauche : triticale ou seigle, pois et vesce (récupérés du méteil grain).

La conservation du méteil après fauchage se fait par ballotage – enrubannage. L’utilisation d’un silo ne manque pas d’intérêt mais l’installation à un certain coût. D’après les observations de François, le fait d’ouvrir complètement le ballot fait sécher assez rapidement le méteil et fait perdre son appétence pour le bétail. Il est donc préférable d’ouvrir une partie du ballot afin de limiter le dessèchement de celui-ci.

Quelles sont les améliorations possibles pour cultiver du méteil ?

Le plus difficile pour la mise en place d’un méteil est de trouver certaines semences sur le marché ainsi que leur coût élevé. Pour François, le fait de produire lui-même les semences diminue grandement le coût. Il aimerait essayer d’autres variétés comme la vesce de Narbonne ou le niébé, mais ces semences sont très difficiles à trouver, même en France. La vesce de Narbonne ainsi que le niébé auraient une meilleure résistance à la sécheresse et donneraient un meilleur rendement, surtout pour ce qui est de l’apport protéique.

Un soutien possible via les MAEC

François aimerait également faire passer ses cultures de méteil en MAEC afin de mieux les valoriser financièrement (via la MB6 Culture favorable à l’environnement ). Cette méthode se décline en six variantes : les mélanges céréales-légumineuses, les céréales sur pied, le chanvre, les légumineuses fourragères, les céréales de printemps et cultures assimilées et les cultures sarclées avec désherbage mécanique.

Cette méthode vise à la base à diversifier les espèces végétales utilisées dans les cultures. Elle contribue à la protection des eaux de surface et des eaux souterraines en favorisant les légumineuses (rôle d’engrais vert) et en limitant les intrants. Les nouvelles variantes visent à préserver la biodiversité de nos paysages agricoles, en particulier la petite faune des plaines et les oiseaux des champs.

Pour ce qui est des mélanges céréales-légumineuses, il existe certaines conditions particulières afin de classer le méteil comme une MAEC :

  • Les légumineuses doivent représenter min. 20% du mélange
  • Les insecticides sont interdits (y compris les semences enrobées).

La prime de cette MAEC peut aider pour l’installation et le coût des semences.

Pour plus d’information sur cette MAEC ou d’autres, n’hésitez pas à contacter un conseiller Natagriwal.

DIPROS au champ N° 2 : Agriculture de conservation des sols chez Johan

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Johan est agriculteur à Chièvres où il gère une exploitation d’environ 200 ha, en suivant les principes de l’agriculture de conservation des sols (AC) depuis une vingtaine d’années. Il fait partie des précurseurs en la matière ! Les cultures principales de son exploitation sont le froment, l’épeautre, la pomme de terre, l’orge brassicole, le lin, la féverole mais également le colza. Il a commencé l’année passée à extraire lui-même l’huile d’une partie de sa production de colza pour la valoriser en circuit court, La goutte du Gad Bourgeois est donc née.

Avant d’en savoir plus son travail, qu’est ce que l’agriculture de conservation ?

L’agriculture de conservation des sols est un système de culture visant à régénérer les sols par la combinaison de trois piliers :

  • La diminution du travail du sol (techniques culturales simplifiées (TCS), non-labour voire semis direct quand le travail est supprimé complètement) ;
  • La couverture maximale du sol, avec l’implantation de couverts d’interculture multi-espèces ;
  • La diversification des espèces cultivées dans le temps (rotation) et dans l’espace (cultures associées).

Quels sont les bénéfices environnementaux attendus ?

L’ensemble des techniques culturales simplifiées vise à garder une bonne structure du sol, stimuler son activité biologique en évitant toute perturbation et augmenter la teneur en matière organique en surface et donc le taux d’humus. La capacité de rétention en eau du sol s’en trouve alors améliorée, assurant une meilleure résilience face à la sécheresse. Combiné avec une bonne couverture du sol et une rotation diversifiée, le risque d’érosion par ruissellement et de lessivage de l’azote sont aussi diminués. Enfin, avec la réduction des travaux de préparation du sol, la consommation en carburant diminue nettement, ce qui est aussi un avantage non négligeable.

Pour en savoir plus sur ces pratiques, GREENOTEC est l’organisme expert en la matière en Wallonie et édite plusieurs fiches pratiques : http://www.greenotec.be/

La réduction du travail du sol permet de concentrer la matière organique en surface © Parc naturel du Pays des Collines

Pourquoi s’être lancé en agriculture de conservation ?

« Nous nous sommes intéressés au non-labour dans les années 90, d’abord pour les céréales, ensuite pour l’ensemble des cultures» nous dit Johan. Cette conversion progressive vers la réduction du travail du sol a été motivée par des phénomènes de stagnation de l’eau sur les terres argileuses et de battance sur les terres limoneuses au sein de l’exploitation. De plus, les terres de Johan sont assez légères, ce qui compliquait les labours d’hiver, tandis que les labours de printemps constituaient un surplus de travail en période intense. Comme souvent, la transition vers l’agriculture de conservation ne s’est pas fait en une seule étape. Le labour a, dans un premier temps, été remplacé par un décompactage, puis par des pratiques de TCS de plus en plus légères, et enfin vers un semis direct sans aucun travail du sol.

Quelles autres pratiques met-il en place en plus du non-labour ?

Johan met en place des couverts d’interculture très diversifiés qui jouent à la fois un rôle de couverture, de travail du sol, et de recyclage des nutriments. Il y mélange notamment l’avoine, le trèfle, la féverole, la vesce ou encore le tournesol. Il implante aussi des couverts de légumineuses (féverole, luzerne, fénugrec, trèfle blanc) en même temps que la culture principale, ce qui apporte de la diversité, permet de réguler l’impact des ravageurs, de fournir de l’azote à la culture et d’assurer une bonne implantation du couvert après la récolte. Mises en place en même temps que le colza, les légumineuses du couvert associé peuvent couvrir le sol après la moisson jusqu’à la prochaine culture. Le blé est alors semé directement dans le couvert. Pendant la culture de blé, le trèfle est régulé avec un traitement d’herbicide léger afin d’éviter une concurrence trop forte. Après moisson, le trèfle reprend et couvre le sol.

Pour gérer les repousses et réguler les couverts, Johan teste aussi le pâturage. « J’ai fait pâturer les repousses de colza dans le trèfle par les moutons d’une ferme voisine. C’est un échange de bons procédés : les moutons profitent d’une nutrition de qualité en attendant de pouvoir se tourner vers les couverts d’interculture. Cela permet de nettoyer la parcelle des adventices tout en diminuant la vigueur des légumineuses en place et de restituer des nutriments. »

Féverole de printemps et trèfle associé

En ce qui concerne la fertilisation de ses cultures, Johan n’utilise plus de phosphore chimique, ni de potasse sauf en pomme de terre où la dose est réduite de moitié. Il utilise une fumure de TMCE pour les oligoéléments et également pour stimuler le potentiel biologique du sol. Il n’utilise plus d’intrants composés de néonicotinoïdes ni d’insecticides du sol, les insectes auxiliaires étant un allié précieux en AC. Par ailleurs, il restitue près de la moitié des pailles au sol et exporte l’autre moitié car cela est valorisable financièrement.  Mais dans l’idéal, il préférerait restituer au sol ces pailles pour la matière organique et également afin de rester dans un circuit fermé.

Quel bilan tire l’agriculteur ?

Points positifs

Avec les couverts et le non labour, le taux d’humus a été multiplié par deux voire par trois en 20 ans. Au fil des années, on peut observer une nette amélioration de l’activité biologique du sol. Le fait de diminuer les traitements améliore la qualité de l’air et du sol et permet de diminuer les coûts dans les traitements.

Contraintes et améliorations

Les outils comme les semoirs à disques ou à dents sont encore assez chers pour travailler en TCS. Mais il n’est pas impossible de s’y mettre au départ en adaptant son matériel existant. Les couverts ont aussi un certain coût et certaines semences ne sont pas encore faciles à trouver. Johan a parfois dû aller en chercher en France. D’où l’intérêt de produire soi-même ses semences fermières.

Un nichoir pour accueillir les faucons crécerelles

La réduction du travail du sol peut entraîner plus de dégâts de limaces et de mulots.  Johan a fait le choix de ne pas utiliser d’anti-limace car dès son utilisation, les limaces reviennent à chaque fois et les agriculteurs deviennent dépendants de ce traitement. Cela peut nuire également au reste de la faune du sol. Pour les mulots, il a implanté des perchoirs pour favoriser la présence de rapaces comme le faucon crécerelle. Et il envisage d’implanter des haies et rangées d’arbres pour renforcer le maillage écologique. Afin de favoriser la chasse des rapaces au sol et ainsi éviter des dégâts de mulot, le broyage des couverts et des chaumes assez bas est nécessaire.

Enfin, Johan aimerait réaliser encore plus de semis direct, mais idéalement sur sol plat pour que ce soit plus pratique mécaniquement.

Le mot de la fin de Johan :

« Pour les agriculteurs qui hésitent à se convertir en agriculture de conservation, le tout est de se lancer, d’oser faire le premier pas. » 

Rendez-vous dans deux semaines pour le troisième numéro de DIPROS au champ !

DIPROS au champ N°1 : les prairies naturelles chez Jean-François

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Jean-François est éleveur à Erbaut, sur la commune de Jurbise, où il gère une exploitation de 25 ha. Sachant que la taille moyenne d’une exploitation en Wallonie est d’environ 60 ha, on peut donc dire que c’est une exploitation de petite taille…ou à taille humaine. Il y élève un troupeau d’environ 150 vaches de la race Blanc-bleu mixte pour leur viande. Elles sont nourries avec le maïs et les betteraves fourragères produites sur la ferme (environ 10 ha), mais aussi avec l’herbe de ses prairies (environ 15 ha) qui sont soit pâturées soit fauchées.

Pour une de ses prairies, Jean-François a choisi de l’exploiter de manière moins intensive selon le cahier des charges des « prairies naturelles » fixé par les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC). Ces MAEC consistent en un ensemble de pratiques favorables à la protection de l’environnement (préservation de la biodiversité, de l’eau, du sol, du climat), à la conservation du patrimoine et au maintien des paysages en zone agricole. Elles sont mises en place sur base volontaire et rétribuées grâce à un cofinancement de la Wallonie et de l’Europe. C’est l’asbl Natagriwal qui est en charge pour la Wallonie du conseil et de la mise en œuvre de ce programme.

Voici comment Natagriwal nous présente la MAEC prairie naturelle :

« Une prairie naturelle est une prairie permanente gérée de manière peu intensive. Cette mesure incite les agriculteurs à conserver et exploiter par fauche ou par pâturage tardif (à partir du 16 juin) des prairies généralement peu productives (zones humides, zones marginales,…). Cette méthode vise surtout à préserver la biodiversité, mais aussi à protéger les sols et l’eau (eaux de surfaces et souterraines) à travers un mode de gestion peu intensif. Le recul des dates de fauche permet par exempleaux espèces d’oiseaux comme aux plantes herbacées de mieux réaliser leur cycle biologique, tandis que l’interdiction des produits phyto garantit une source de nourriture aux espèces insectivores. » Source : Natagriwal

Plus d’info sur cette mesure sur le site de Natagriwal.

Comment la prairie est-elle gérée ?

Jean-François met en place une prairie naturelle depuis près de 15 ans, sur une parcelle de 3,9 ha occupée par une prairie permanente depuis 40 ans. Elle est composée principalement de fétuque et dactyle et d’un peu de trèfle. Il a une fois re-semé du trèfle suite à un apport d’écume  de betterave. La présence de trèfle améliore l’appétence fourragère et fournit naturellement de l’azote à la prairie.  Il produit une trentaine de ballot en une coupe par an, la sécheresse rendant difficile la réalisation de plusieurs coupes.

Le noyer qui veille sur la prairie naturelle

Et qu’en pense l’agriculteur ?

Points positifs

Au départ, il a fait ce choix principalement parce qu’il était obligé d’associer plusieurs MAEC dans sa demande. Il a ainsi choisi d’associer cette mesure à d’autres MAEC sur son exploitation (mares et bandes aménagées, arbres et bosquets, races locales menacées). La prime de 200 €/ha de prairie est bien sûr un incitant dont il est très satisfait. Par ailleurs, le bétail mixte qu’il élève convient bien au calendrier de gestion imposé pour cette MAEC. Et les prairies concernées se trouvant en zone assez humide, il réalisait déjà de toute façon une fauche tardive. C’est donc un incitant pour lui que le respect du cahier des charges n’implique pas de gros changements pour sa gestion de la prairie. Enfin, comme son exploitation est entièrement située en zone de prévention de captage, il trouve important de réduire ses apports d’intrants pour minimiser son impact sur les eaux souterraines.

Contraintes  et difficultés rencontrées

Les quelques problèmes auxquels il doit faire face sont des présences de rumex pas toujours faciles à éradiquer et un vieillissement de la composition en herbe de la prairie. Il réfléchit donc à demander conseil pour réaliser un sur-semis sur sa prairie. Enfin, les sécheresses récurrentes en été freinent fortement la croissance de l’herbe à ce moment-là et commencent donc à rendre plus difficile la valorisation des apports d’engrais de ferme qui ne peuvent être réalisés qu’à partir du 16 juin sur les prairies naturelles.

Le rumex est une adventice fréquente des pâtures

Le conseil de Jean-François et ses perspectives

Son conseil est de réaliser un chaulage (amendement calcique) de la prairie tous les 5-6 ans pour maintenir la présence de trèfle. Pour le moment, Jean-François exploite cette prairie en fauche mais il aimerait pouvoir réaliser un pâturage tournant pour s’adapter aux contraintes de la sécheresse. Il remarque en effet qu’augmenter la part de pâturage du bétail offre une meilleure qualité fourragère. Cela nécessiterait une adaptation des dates autorisées pour l’épandage des engrais de ferme afin de maximiser leur valorisation sur les prairies pâturées. 

Rendez-vous dans deux semaines pour le second numéro de DIPROS au champ !

Donnez votre avis pour la WAPI

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Habitants de la Wallonie Picarde, oyez oyez!

Donnez votre avis sur les enjeux en WAPI jusqu’au 29 avril 2021, notamment concernant l’environnement !

Une seule adresse : https://participation.frw.be/fr-BE/projects/wapi2040

DIPROS – Lancement de la saison avec des prélèvements de sol au champ

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Ces deux dernières semaines, l’équipe du projet DIPROS avec le CARAH a été échantillonner le sol sur des parcelles d’agriculteurs participants à Jurbise et Brunehaut, sur les deux zones de captage pilotes du projet.

Deux vagues d’analyse

Cette première vague de prélèvements concernait les parcelles semées en orge et en froment à l’automne dernier, et celles de betterave qui seront semées d’ici quelques semaines. Au printemps suivront les parcelles de lin, pomme de terre et maïs, qui sont implantées plus tard dans la saison.

Un double objectif

1) Evaluer la teneur en matière organique et la fertilité générale sur les 30 premiers cm du sol, des paramètres essentiels pour assurer une bonne production mais aussi une protection contre les aléas liés à la sécheresse et au risque d’érosion et de coulées de boue.

2) Connaître leur teneur en azote, et ce sur trois tranches du profil du sol, jusqu’à 90 cm de profondeur. Cet azote sera disponible dès le printemps pour les plantes lors de la reprise de végétation. L’analyse permet à l’agriculteur de mieux adapter aux besoins réels de sa culture le complément d’engrais azoté qu’il apportera au printemps. Les eaux souterraines en seront ainsi mieux préservées !

Ces analyses sont financées grâce à la subvention du projet par la Société Publique de Gestion de l’Eau (SPGE).

Pour plus d’informations, PROTECT’eau met à disposition sur son site de nombreuses ressources sur la fertilisation raisonnée et le calcul de fumure: https://protecteau.be/fr/nitrate/agriculteurs/fertilisation-raisonnee

Permis de pêche en ligne!

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Depuis ce début d’année 2021, les permis de pêche se commandent exclusivement sur internet sur www.permisdepeche.be

N’oubliez pas de cocher dans quel sous-bassin vous pêchez le plus., par exemple le « sous-bassin de la Dendre ». Pourquoi? Car le Fonds Piscicole accordera de l’aide à la Fédération du sous-bassin concerné. Plus d’information dans la brochure explicative.

Bonne pêche 2021!

Balade cycliste interrégionale Vallée de la Marcq

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Ce lundi 12 octobre se déroulait l’inauguration d’un projet interrégional mettant la Vallée de la Marcq à l’honneur. L’objectif est de faire découvrir les beautés de la nature et du patrimoine au fil d’un itinéraire cycliste à travers les 5 communes que sillonne le cours d’eau.

Promo balade cycliste Vallée de la Marcq

Un itinéraire cycliste de plus de 60 km à travers la Vallée de la Marcq

Cet itinéraire long d’une soixantaine de kilomètres, établi sur base du réseau points-nœuds, permet aux voyageurs de découvrir librement l’ensemble de la vallée, à travers les 5 communes sillonnées par le cours d’eau.

L’objectif de ce projet est avant tout de sensibiliser le grand public à la découverte du patrimoine naturel exceptionnel présent au sein de la vallée. 11 panneaux didactiques mettent à l’honneur les espèces et habitats Natura 2000 présents dans la vallée.

Oiseaux, batraciens et poissons n’auront plus de secrets pour vous.

La carte de randonnée bilingue (fr/nl), intitulée « Balade cycliste interrégionale Vallée de la Marcq » est disponible au sein des différentes administrations communales et Offices de Tourisme.

Cette carte reprend les itinéraires points-nœuds mais vous suggère également plusieurs parcours alternatifs pédestres et cyclistes afin de voyager au plus près du cours d’eau et d’y découvrir les merveilles de la nature.


Een fietstocht van meer dan 60 km doorheen de Markvallei

Deze tocht die een zestigtal kilometer beslaat, vastgelegd op basis van het knooppuntennetwerk, laat de fietsers toe naar eigen wens het geheel van de vallei te ontdekken dwars door de vijf gemeenten doorstroomd door de waterloop.

De prioriteit van dit project is het grote publiek te sensibiliseren om het uitzonderlijke natuurlijk patrimonium aanwezig in de vallei te ontdekken.  De elf didactische panelen plaatsen de Natura 2000 soorten en habitats die aanwezig zijn op de verschillende sites op de voorgrond.

Vogels, amfibieën en vissen zullen voor u geen geheimen meer kennen.

Er werd eveneens een tweetalige fietskaart (Fr/Nl) opgesteld die luistert naar de naam “Interregionale fietstocht door de Markvallei”.  Deze is beschikbaar bij de verschillende gemeenteadministraties en de toeristische infokantoren.

Deze kaart vermeldt de knooppuntroutes maar stelt eveneens meerdere alternatieve wandel-en fietsroutes voor om zo dicht mogelijk bij de waterloop te blijven en er de pracht van de  natuur te ontdekken.

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